peche-en-ardeche

Lundi 11 décembre 2006
Il n'est pas toujours facile de parler avec des pêcheurs, d'Ardèche ou d'ailleurs. Paradoxalement, c'est souvent avec les débutants que l'on peut trouver de nouvelles idées et pratiquer de nouvelles techniques sans aprioris. Alors pourquoi cela ? Pour commencer, je pourrais dire que le milieu de la pêche reste encore un milieu très masculin et que chaque homme porte en soi un brin de vanité qui lui fait croire qu'il sait mieux que les autres. Plus concrètement, j'ai encore en tête la réflexion de ce pêcheur qui m'a dit il n'y a pas très longtemps que la pêche aux leurres, c'est nul pour les sandres.  Ce brave homme, pas méchant au demeurant, ne s'est pas posé la question de savoir pourquoi les fabricants investissent des centaines de milliers d'Euros dans les leurres et pourquoi ils sont autant vendus de part le monde. Bien sur, on pourrait en sourire (c'est d'ailleurs ce que j'ai fait sur le moment) et laissez passer ce type de réflexion. Pourtant, quand on y réfléchit bien, cela témoigne d'une grande rigidité mentale et d'une non-adaptation aux réalités nouvelles de la pêche. Je vois aussi souvent au bord de l'eau des pêcheurs qui pêchent mal, très mal... Par exemple, ils traquent le brochet avec des flotteurs de 15 grammes et un vif de 6 cm et ils ne capturent rien. Ensuite, ils se plaignent que ça ne mord pas, qu'il n'y a plus de poisson et que bien sur, le permis est trop cher ! Je n'exagère pas et bien sur je passe leur langage fleuri. Dire qu'il leur suffirait d'ouvrir une seule fois un magasine de pêche (n'importe lequel), de lire un livre halieutique, de demander à leur détaillant quelques conseils, de bien observer les jeunes... Mais non, ils savent et ils ont raison !  Et que penser de ces pêcheurs qui gardent tous les poissons qu'ils capturent. J'ai encore en tête un gars auquel j'ai montré une technique de pêche aussi simple qu'efficace que m'avait montrée un pêcheur du Mans: la perche au vif. Il se considère maintenant comme un grand pêcheur car il capture parfois plus de 40 perches dans son après-midi entre le repas de midi et l'apéritif du soir. Et le grand pêcheur garde tous ses poissons: congélateur, amis, chats... Pas de no-kill. Et tous ses compères sont pareils et tous gèrent l'AAPPMA locale ! Inutile de parler pêche avec ses gens-là. Ils savent ce qu'il y a de bon pour la rivière même s'ils n'ont aucune connaissance, ils savent ce qui est bon pour la pêche (relire la ligne auparavant), ils introduisent des poissons malades aux origines indéterminées, ils comptent les permis comme ils jouent au Monopoly. Alors on fait quoi ? On achète un tracteur ou autre chose, on se fait un apero entre nous, on essaie de bloquer les projets des FD, on critique, on polémique pour rien, on rêve de pouvoir, on place l'argent du contribuable, on combine, on détourne, on met des poissons que l'on pêche 1 heure après...Voilà leurs seuls projets. Oui mais voilà, ils savent, ils sont certains et en plus, ils se croient intouchables. Du moins l'étaient-ils jusqu'à présent. Chez eux, il y a de la rigidité mentale, beaucoup de vanité, beaucoup d'intérêts privés, beaucoup de mauvaise foi, beaucoup trop de tout. Si l'on n'est pas du même avis, ils se fâchent. Voilà, ces gens appartiennent au passé.Se fâcher pour des poissons, c'est un non-sens ! Pas besoin de se demander pourquoi de nombreux vrais pêcheurs ont refusé de s'investir comme on l'entend souvent. En fait, ils n'ont pas refusé: ils ont simplement renoncés devant autant d'obscurantisme, d'incompétence. Ils ont renoncé pour ne pas être des Don Quichotte se battant contre des moulins à vent et le cas échéant pour protéger leur vie de famille. Ils ont renoncé parce qu'on ne leur a pas laissé le choix. Bien sur et heureusement, les responsables d'AAPPMA et de FD ne sont pas tous pareils et ils sont de plus en plus nombreux à être modernistes, compétents, respectueux et honnêtes.  Les choses changent. Regardons maintenant vers l'avenir et faisons en sorte de corriger tout cela. Ce sera le thème de mes prochains articles et j'espère aussi des votres. Alors maintenant, si on parlait pêche ?
Par coste
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Samedi 16 décembre 2006

La pêche de la perche est une pêche passionnante, à condition qu'elle soit pratiquée dans le respect du poisson et dans l'esprit de l'éthique. En effet, quand elles sont en frénésie alimentaire, les perches peuvent sauter sur tout ce qui bouge et certains pêcheurs en profitent pour faire des cartons. Si capturer un grand nombre de poissons est tout à l'honneur du pêcheur, les garder tous est une honte. L'idéal est d'en ramener de temps en temps à la maison pour les manger le soir même en famille ou entre amis. Aujourd'hui, nous allons voir comment les pêcher au leurre. Puisque nous sommes sur le blog de la pêche-en-ardeche, je vous propose de faire un petit tour d'horizon des leurres en faisant une ballade dans le sud de l'Ardèche. Dans les rivières aux eaux calcaires comme c'est le cas dans cette région, les perches ont un comportement alimentaire fortement lié à la température de l'eau, à sa limpidité, au niveau de l'eau et à la luminosité. Il faut rajouter à tout cela la période de l'année. Pour faire court, on va tout de suite parler du début de l'automne, à savoir de la fin septembre à la mi-novembre. Cette période est un peu particulière car les perches sont en pleine frénésie alimentaire, autant pour constituer des réserves pour l'hiver que parce que les bancs de poissons blancs se rassemblent. Or les perches étant des opportunistes, l'occasion est trop belle de se régaler sans trop faire d'efforts. Donc elles mangent, mangent, mangent... Pour vous donner une idée, je pêchais sous une retenue à la sortie d'eau. J'avais décidé de prendre une de mes boites à leurres et d'essayer de pêcher avec chacun des leurres: leurres souples faucilles (chartreuse, jaune, fluo, blanc, rouge, noir), petits shads (chartreuse, jaune/noir), sandra (jaune, blanc, fluo), cuillers (mepps aglia points noirs, mepps vairon), ondulante (dam effzet), poisson nageur (berkley tornmentor). Et bien avec chacun d'entre eux, j'ai capturé des perches au même endroit. Rien de miraculeux à tout cela. Plusieurs bancs devaient être sur le poste et la saison aidant, les perches sautaient sur tout ce qui bouge. Par contre, un leurre était pris une ou deux fois et ensuite, terminé ! Pour avoir une nouvelle touche il fallait changer de leurre, un simple changement de colori étant le plus souvent suffisant. Or, il arrive très souvent qu'il faille changer de leurre pour continuer à capturer des perches. En hiver, mieux vaut animer les leurres très lentement avec des montages Drop Shot ou derrière une bombette. Laissez reposer votre leurre sur le fond et faites le remuer sur place avant de faire quelques tours de moulinet. Cette technique est efficace mais un peu ennuyeuse. Cela dit, c'est certainement la pêche la plus active quand il fait froid. Bien sur, si vous savez où se tient un banc de perches  tout près de la rive, vous pouvez aussi traquer les belles zébrées au devon ou au même mieux à la balle (plomb en forme de balle) avec un hamecon recouvert de papier aluminium. Cette technique relativement primitive est tout particulièrement efficace par faible luminosité. En effet les perches bien que peu actives n'hésitent pas à sortir de leur abri pour venir prendre ce "petit poisson brillant". En fait en hiver, les perches sont comme les pies, elles sont attirées par tout ce qui brille ! C'est d'ailleurs le principe même de la pêche sous la glace si cher à certains amis du Nord de l'Allemagne. Au printemps, je dois avouer que je les recherche moins, trop passionné que je suis par pêcher les truites sur le plateau ardéchois. Cela dit la pêche au petit shad est efficace même si c'est le poisson vivant, plus particulièrement le goujon, qui donne les meilleurs résultats. En été, c'est le coup du matin et le coup du soir qui sont les plus remarquables. L'idéal est de les pêcher à la verticale d'une chute d'eau où elles recherchent la fraicheur et l'oxygène. D'autre part, qui dit chute d'eau dit caches à l'arrière de la chute. Donc un biotope idéal pour les perches. Il faut bien avouer que c'est le vif qui donne les meilleurs résultats, pour le moins dans les eaux courantes. Toutefois, un petit L.S poisson ou virgule manié énergiquement est souvent bien accepté. La cuiller est également particulièrement productive au coup du soir alors que les puristes pourront les faire venir à la mouche avec un streamer bariolé (marron, blancs, jaune, rouge) et surtout brillant.

Philippe Coste

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